Utthita Trikonasana et les trois gunas

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J’adore la mythologie des asana. Elle me permet de mieux intégrer la posture mentalement et corporellement. C’est comme si mes cellules avaient besoin d’être bercées par les mots pour mieux accepter les défis de la gravité et les challenges corporels de certains asana.

Je vais donc de temps en temps, vous relatez mes lectures sur le sujet et les liens que je fais avec la pratique du yoga et d’autres références. Aujourd’hui, j’aimerais commencer avec Utthita Trikonasana

Le triangle

Premièrement , le mot Utthita signifie étendu ou étiré, c’est une des choses les plus importantes de cette posture. Tout est étiré, des pieds jusqu’au bout des doigts. Ensuite, vient ce fameux Trikona qui veut dire triangle. On peut observer que le triangle est une figure géométrique très intéressante car elle se retrouve dans toutes les autres figures qui ont des lignes brisées (si on coupe un carré, un rectangle, un losange, un quadrilatère en deux, on retrouvera deux triangles). C’est aussi une des figures les plus stables et les plus fortes de la nature. Par exemple, un tas de sable ou un tas de gravier se mettra spontanément dans cette forme. Beaucoup de constructions traditionnelles, comme les tipis chez les Indiens par exemple ont utilisé cette figure. Sans parler des pyramides égyptiennes, des toitures des maisons, des cathédrales. Il représente aussi certaines trinités religieuses.

L’asana et ses triangles

Dans Utthita Trikonasana, le corps représente trois triangles. Si l’on observe du haut vers le bas, il y en a un premier fait avec le sol et les deux jambes. Un deuxième avec la jambe avant, le tronc inférieur et le bras. Et le dernier, le plus grand qui part des pieds vers la main supérieure qui est tendue jusqu’au bout des doigts vers le plafond.

Utthita trikonasana et gunas

Trikonasana et les trois gunas

Dans le premier paragraphe, je t’ai explique que le triangle est une base naturelle et symbolique. Cependant en yoga, Trikonasana représente les trois gunas.

Les gunas mais qu’est-ce que c’est que ça ?

Ce sont les qualités qui composent notre corps et notre mental. Comprendre les gunas nous permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure puisque ces gunas affectent tout ce qu’il y a dans l’univers.

Dans la Baghavad Gita, Krishana dit à Arjuna : « Il n’existe aucun être, ni sur terre ni au ciel parmi les dieux, qui soit exempt de ces qualités, issues de la nature ». 18.40

Il y en a donc trois.

Tamas Gunas est la qualité de l’inconscience et l’inertie. Elle vient de Shiva. Elle est responsable de l’indifférence et de l’énergie destructive.

Rajas Gunas est la qualité de la créativité et de la passion qui nous permet de manifester les choses. Cette qualité vient du Dieu Brahma.

Sattva Gunas est la qualité de la légèreté et de la conscience qui est nécessaire pour vivre une vie harmonieuse et consciente.

Ces trois gunas ensemble créent Maya, le monde d’illusions dans lequel nous vivons et que nous expérimentons via nos sens. Ils sont là présents tout le temps. Parfois, nous ressentons plus les qualités de l’un ou de l’autre au cours d’une journée mais aussi tout au long de notre vie. Tu l’as surement déjà remarqué : on peut sortir du lit presqu’en sautant les deux pieds joints par terre et on est prêts pour une pratique de yoga de feu, on est donc dans un rajas gunas. Puis certains jours, on a du mal à sortir du lit et on a envie de lancer le réveil par la fenêtre et on est donc dans un tamas gunas, suivi d’un rajas gunas (pour le lancer du réveil ;-).

La pratique du yoga nous invite à réveiller notre sattva gunas et à équilibrer les deux autres gunas. Car lorsqu’ ils sont en déséquilibre, cela devient difficile de se sentir en harmonie. Voilà donc une bonne raison de pratiquer Utthita Trikonasana afin de travailler notre sattva guna. Un autre extrait de la BG pour l’intériorité de cet asana : « Est Sattvique, l’action prescrite accomplie sans attachement, en dehors de toute préférence ou répugnance, par un agent qui ne se soucie pas de son fruit » 18.23 C’est intéressant le message de cette phrase. Personnellement, je n’en suis pas encore à ce stade car de ma pratique, j’attends toujours quelque chose et quelque chose de bénéfique de surcroit, que ce soit sur un plan physique, mental ou spirituel.

Bref, que ce soit dans la vie ou dans la pratique, entre le détachement aux illusions du monde ou à l’état sattvique en lui-même, le travail sur le tapis ne manque pas!

Ecrit et dessiné par Letizia Terrana

Sources :

La Bhagavad Gita, Michel Hulin, Editions Points

The myths of the asanas, Kaivalya-Van der Kooij, Editions Mandala

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