preparation a Eka Raja Kapotasana ou la posture du pigeon, une vraie souffrance

La souffrance et le yoga.

Vous souffrez quand vous pratiquez les postures de yoga. Quoi de plus normal! La souffrance est un guide qui nous invite à dépasser nos limites. Il est de notre responsabilité de savoir quand il faut s’arrêter et apprendre à discerner les différentes douleurs.

Lors de mes cours, mes élèves m’ont fait remarquer que je riais lorsque je sais qu’une posture difficile se profilait et allait les faire souffrir. Ce qu’ils n’imaginent pas, c’est que même si j’arrive à faire certaines postures de manière aisée, cela ne veut pas dire que je ne souffre pas. Lorsque je pratique le yoga et que je leur montre une posture, il se peut très bien que celle-ci me fasse souffrir, je peux même affirmer que certaines douleurs confirment que je suis dans une posture plus ou moins correcte. Ce que le yoga m’a appris, c’est que si la douleur ne perdure pas au-delà de l’asana alors cette douleur n’est pas vraiment importante.

Douleurs justes ou injustes

En général, personne ne va se plaindre d’une douleur comme celle d’une courbature parce que même si elle est dérangeante, elle ne nous empêche pas de bouger (sauf si vous avez exagéré et que vous n’avez pas utilisé l’huile d’Arnica ) et vous rappellent que vous avez fait des efforts. En général vous êtes content et cela ne vous empêchera pas de recommencer. Dans le yoga, c’est la même chose. Le corps ne connait que 3 positions quotidiennes : assis, couché ou debout (avec des variations évidemment). Imaginez-vous ce que cela lui fait lorsque vous vous mettez à pratiquer des postures de yoga pour ouvrir les aines, ouvrir la poitrine, allonger la colonne et j’en passe… sans parler des torsions. Bien sûr, il a mal, il n’a pas l’habitude et voilà que pendant plus d’une heure, vous lui infligez mille et une positions différentes. Ces douleurs que vous ressentez dans votre pratique sont normales, elles sont les reflets des besoins de votre corps qui vous demande du mouvement. Peut-être que ces douleurs étaient là depuis longtemps mais vous ne le saviez pas puisque vous ne bougiez pas votre corps à cet endroit. Je pars du principe qu’une douleur qui ne persiste pas au-delà de l’asana n’est pas une mauvaise douleur. Juste une piqure de rappel de notre corps pour nous montrer qu’au contraire, il y a matière à travailler. Tandis qu’une douleur qui persiste, qui était là avant ou continue après se doit d’être considérée pour ce qu’elle est. Alors là, il est peut-être temps de mettre le corps au repos ou d’envisager une autre façon de pratiquer.

La douleur est un guru

Malgré les années, il y a des postures qui me font souffrir et qui me feront toujours souffrir. D’ailleurs, je me demande si je ne souffre pas dans toutes ces postures et qu’au final je ne suis qu’une grande masochiste qui se flagelle à coup d’asana. Malgré tout, ces douleurs m’ont appris et m’en apprennent beaucoup sur moi-même. Elles m’apprennent à me dépasser et à regarder la pratique d’une autre manière si je n’arrive pas à aller la où je veux dans une posture. Quand les douleurs nous font sortir de notre zone de confort, elles deviennent notre guru. Pratiquer sans douleurs n’existe pas ou alors ça devient insipide et on n’apprend rien. Après ça, on n’est pas tous égaux face à la douleur. D’ailleurs, je pense que pour moi, le repos est un plus grand guru que la douleur pour laquelle j’ai une tolérance assez élevée (c’est pour ça que je ris lorsque je montre une posture qui fait mal, je ris d’abord pour moi et non pas parce que vous allez souffrir)

Pour conclure

Je dirais qu’une pratique avec des douleurs perçues  est sans doute nécessaire pour développer une pratique consciente et constructive. Il en revient à notre sagesse intérieure de savoir doser ce qui est bon, de ce qu’il ne l’est pas. Je terminerais en disant qu’on peut aussi se permettre des pratiques plus douces pendant lesquelles, il y a du mouvement et moins de douleurs. Des moments où le corps a besoin d’apprendre par l’absence de douleur en recevant de vous-mêmes des tonnes d’amour.

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